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Škoda a créé une sonnette de vélo que l’on entend même avec des écouteurs à réduction de bruit

Parfois, le futur ne ressemble pas à une voiture volante, mais à une petite sonnette fixée au guidon d’un vélo. Et elle émet un son suffisamment puissant pour traverser le silence “intelligent” de tes écouteurs.

Parfois, le futur ne ressemble pas à une voiture volante, mais à une petite sonnette fixée au guidon d’un vélo. Et elle émet un son suffisamment puissant pour traverser le silence “intelligent” de tes écouteurs.

Avec des chercheurs de l’Université de Salford, Škoda a développé quelque chose qui paraît simple au premier regard : la sonnette DuoBell. Mais en réalité, ce n’est plus un simple accessoire — c’est un défi d’ingénierie lancé aux technologies modernes. Son objectif est précis : contourner la réduction active du bruit des écouteurs et atteindre une personne physiquement proche, mais mentalement absorbée par une playlist ou un podcast.

Et, honnêtement, c’est une image très juste de notre époque.

Nous vivons dans une ère où de plus en plus de personnes marchent dans la rue dans un “monde fermé”, avec l’ANC (active noise cancelling) activé, qui coupe la ville, les voitures, les voix, les signaux. C’est pratique. C’est agréable. Mais ce silence a un effet secondaire : la réalité devient plus faible que l’algorithme.

Et c’est là que DuoBell entre en scène.

Les ingénieurs ont abordé le problème non pas frontalement, mais comme une énigme. Ils ont découvert que la réduction active du bruit filtre efficacement la majorité des sons — réguliers, prévisibles, constants. Mais elle a une faiblesse : une bande de fréquences étroite, autour de 750–780 Hz, où le système fonctionne moins bien.

C’est précisément là que la nouvelle sonnette agit.

Mais cela ne suffisait pas. Un son trop simple peut être anticipé et supprimé. C’est pourquoi DuoBell utilise un second résonateur et un signal irrégulier, avec des impulsions rapides et imprévisibles. Autrement dit, un son impossible à modéliser à l’avance — et donc impossible à filtrer pour l’algorithme.

Et c’est là que devient intéressant : pour la première fois, la technologie ne se contente plus de filtrer le monde — elle se heurte à un monde qui apprend à contourner ses filtres.

Les tests réalisés à Londres avec des coursiers et des piétons équipés de casques ont montré un résultat clair : les personnes réagissaient au DuoBell en moyenne 22 mètres plus tôt qu’avec une sonnette classique. En milieu urbain, ce n’est pas un simple chiffre — c’est une distance qui peut changer une situation critique.

On peut y voir un gadget ingénieux. Ou le symptôme d’une nouvelle réalité urbaine, où même le son doit être optimisé pour les algorithmes.

Il est aussi intéressant de noter que la sonnette reprend le design de Škoda : couleurs, matériaux et logo de la marque. Ce n’est donc plus seulement un objet utilitaire, mais une extension de l’écosystème de design automobile et de sa philosophie de sécurité.

Mais la vraie question n’est pas technique.

Elle est humaine.

Car DuoBell ne parle pas seulement de cyclistes et de piétons. Il parle de notre capacité à nous couper du monde — et de celle du monde à inventer de nouveaux moyens pour nous atteindre.

Autrefois, il suffisait de crier. Aujourd’hui, il faut choisir la bonne fréquence, casser la prévisibilité du son et traverser le silence numérique.

L’ironie, c’est que plus nos technologies deviennent efficaces pour réduire le bruit, plus les sons qui cherchent à le traverser deviennent intelligents.

Et entre ces deux dynamiques se construit une nouvelle éthique urbaine : non seulement “sois attentif”, mais aussi “sache te faire entendre”.

Škoda a créé une sonnette de vélo que l’on entend même avec des écouteurs à réduction de bruit
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